Apprentissage et alternance : les démarches employeur

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Démarches liées à un contrat en alternance

En bref. L’alternance suit un circuit propre : contrat écrit, dépôt auprès de l’opérateur de compétences, aides éventuelles, et déclarations sociales spécifiques. Le calendrier de dépôt conditionne la prise en charge.

Deux contrats coexistent — apprentissage et professionnalisation — avec des publics, des durées et des financements différents. Les confondre conduit à des démarches inadaptées et à des refus de prise en charge.

Les deux contrats

Apprentissage Professionnalisation
Objectif Diplôme ou titre inscrit au répertoire national Qualification professionnelle
Public Jeunes, avec des exceptions d’âge Jeunes et demandeurs d’emploi, selon les cas
Durée Liée au cycle de formation Déterminée ou indéterminée avec période d’action
Encadrement Maître d’apprentissage Tuteur
Rémunération Barème selon âge et année Barème selon âge et niveau de formation

Dans les deux cas, la rémunération suit un pourcentage du salaire minimum ou du minimum conventionnel, avec un principe constant : le plus favorable des deux s’applique.

Les démarches avant l’entrée en formation

  1. Vérifier l’éligibilité de l’entreprise, du poste et du tuteur ou maître d’apprentissage.
  2. Établir le contrat sur le formulaire prévu, signé par toutes les parties, avec la convention de formation.
  3. Effectuer la déclaration préalable à l’embauche, comme pour toute embauche — voir notre article sur la DPAE.
  4. Transmettre le contrat à l’opérateur de compétences dans le délai prévu.
  5. Organiser la visite médicale d’information et de prévention.
  6. Inscrire le salarié dans le registre unique du personnel.

L’étape 4 est celle qui conditionne le financement : un dépôt hors délai peut entraîner un refus de prise en charge des frais de formation, à la charge de l’entreprise.

Le rôle de l’opérateur de compétences

  • Il instruit et dépose le contrat auprès de l’administration.
  • Il finance tout ou partie des frais de formation, selon un niveau de prise en charge défini par branche.
  • Il accompagne l’entreprise sur le montage et les aides mobilisables.
  • Il peut refuser le contrat en cas de non-conformité, ce qui rend l’exécution irrégulière.

Contacter l’opérateur avant la signature évite l’essentiel des difficultés : niveau de prise en charge, pièces attendues, délais. C’est cinq minutes qui sécurisent le dossier.

Le régime social

Les contrats en alternance bénéficient de règles propres, qui ont évolué à plusieurs reprises :

  1. Des exonérations ou allègements spécifiques, dont l’articulation avec la réduction générale de cotisations doit être vérifiée — les dispositifs ne sont pas cumulables.
  2. Une fraction de rémunération pouvant être exonérée de certaines contributions, dans des limites périodiquement révisées.
  3. Un traitement particulier au regard de l’impôt sur le revenu pour l’apprenti, dans une limite annuelle.

Ces paramètres changeant régulièrement, vérifiez ceux en vigueur pour l’année concernée avant de paramétrer la paie. Une erreur non détectée se répète sur toute la durée du contrat.

Les aides à l’embauche

  • Une aide unique ou exceptionnelle peut exister selon l’année, la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme préparé.
  • Elle est versée mensuellement et conditionnée à la transmission régulière des déclarations sociales.
  • Elle cesse en cas de rupture du contrat, avec régularisation.
  • Des aides complémentaires existent pour l’embauche d’un alternant en situation de handicap.

Le deuxième point mérite attention : le versement des aides est piloté par les données de la déclaration sociale nominative. Une déclaration erronée ou tardive interrompt l’aide, sans autre avertissement que son absence.

Les déclarations en cours de contrat

L’alternant est un salarié à part entière : il figure dans la DSN mensuelle avec les codes propres à son contrat. Trois points de vigilance :

  • Le code contrat et le code statut doivent être exacts : ils conditionnent les exonérations et les aides.
  • Les périodes de formation ne sont pas des absences : elles sont du temps de travail effectif.
  • Toute rupture doit être signalée, avec les conséquences sur les aides et sur la formation en cours.

Le deuxième point est régulièrement mal paramétré et produit des retenues sur salaire injustifiées.

La rupture

  1. Pendant les premiers temps du contrat d’apprentissage, une rupture libre est possible dans des conditions et délais prévus.
  2. Ensuite, la rupture obéit à des règles spécifiques : accord des parties, faute grave, inaptitude, ou procédure particulière.
  3. Le centre de formation doit être informé, et la situation de l’alternant traitée.
  4. Les aides cessent et peuvent faire l’objet d’un reversement partiel.

Le contrat d’apprentissage n’obéit pas au régime commun du licenciement : appliquer la procédure ordinaire est une erreur fréquente et coûteuse.

Les contributions liées à la formation

Indépendamment de l’embauche d’alternants, toute entreprise verse des contributions destinées à la formation et à l’apprentissage, dont le recouvrement est adossé aux déclarations sociales. Leur cadre est exposé sur la fiche Taxe d’apprentissage.

Ces contributions figurent parmi les obligations décrites dans notre article sur les obligations sociales de l’employeur et se déclarent selon le calendrier rappelé dans notre article sur le calendrier fiscal de l’entreprise.

Questions fréquentes

Faut-il un maître d’apprentissage désigné ?

Oui, avec des conditions d’expérience ou de diplôme. Sa désignation figure au contrat et son absence fragilise la validité de celui-ci.

L’alternant compte-t-il dans les effectifs ?

Les règles de décompte prévoient un traitement particulier pour les contrats en alternance, avec des effets sur les seuils sociaux.

Que se passe-t-il si le contrat est déposé en retard ?

La prise en charge peut être refusée, les frais de formation restant alors à la charge de l’entreprise. Le respect du délai est donc prioritaire.

Peut-on embaucher un alternant en CDI ?

Le contrat d’apprentissage peut être conclu dans le cadre d’un CDI comportant une période d’apprentissage. Les règles de rupture applicables diffèrent alors.

Conclusion

Deux points conditionnent tout le reste : contacter l’opérateur de compétences avant la signature, et respecter le délai de dépôt du contrat. Ensuite, la vigilance porte sur les codes déclaratifs, dont dépendent aussi bien les exonérations que le versement des aides.

ℹ️ Cet article a une vocation informative. Les démarches et le dépôt de vos déclarations s’effectuent sur le portail officiel net-entreprises.fr.

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